26/03/2007
Voyage de Mars
Ecrit par papa-hotel | 14h50 | Catégorie : Mes Vols
Tout commence lundi soir. Jan, qui est sur Paris, vient diner et dormir chez mes parents. Nous passons une bonne soirée et achevons la préparation de navigation du lendemain. J'avais prévu la navigation avec les techniques apprises pour l'ATPL (Top of Climb, Top of descent, point fuel régulier...) et lui me sort un « c'est facile, tu prends un cap 210° et c'est tout droit ! » qui m'arrache presque des larmes... Mais il n'a pas tord. J'aurai bien le temps de me farcir la tête plus tard...
Mardi matin, nous arrivons au club avant 9h. Personne à cette heure matinale, mais nous pouvons néanmoins sortir l'avion, faire la prévol et les pleins. A propose de pleins, je fais comme à mon habitude, je regarde le carnet de route. Il indique 50 minutes depuis dernier plein complet. Je le dis à Jan, qui me sussure l'air moqueur « je serais toi, je regarderais mes jauges... ». Celles-ci indiquent qu'il reste moins de la moitié des réservoirs. Sur un C172 Long Range, cela fait plus de 3h de consommé... Je refais donc un complément de plein de ... plus de 60 litre ! (Merci Jan)

Jan devant le Cessna, sur le parking de St Cyr l'Ecole
Quand nous allons embarquer, le brouillard tombe sur le terrain... Pas de chance !
Nous rapatrions donc dans le Club House nos cliques et nos claques, et commençons à attendre... Des membres du club discutent autour des instructeurs. Nous nous insérons dans le groupe et le temps passe plus vite...
A 11h30, nous partons. Une couche à 1500 ft nous attend. Nous passons « on top » (au dessus de la couche) et prenons notre cap vers le VOR d'Etampes. Puis nous montons au niveau 45 pour la croisière vers la balise d'Amboise. Un peu avant Chateaudun, les nuages se dissipent et nous passons verticale de la base aérienne avec vue sur les mirages... Chouette coin !

La base aérienne de Chateaudun
En arrivant à Poitiers, le contrôleur nous demande soit de monter au niveau 95 (cela fait tout de même 3000 mètres, et le Cessna aura du mal à grimper...), soit de descendre à 3000 ft (1000 m). Concertation de l'équiparge puis décision du captain (c'est moi ! 125 H de vol avec un copi de plus de 15000...) : en descendant à 3000 ft on devra ensuite contourner probablement la zone de Cognac, ce qui nous fait perdre du temps, complique la navigation, alors que par en haut c'est tout droit. Nous monterons donc au 95, que je n'ai encore jamais atteint en petit avion.

Un équipage de premier ordre !

En vol au niveau 95 verticale de Cognac
Après Cognac, nous arrivons dans les zones de Bordeaux. Nous proposons de passer au-dessus de l'altitude d'approche finale sur Merignac, mais le contrôleur préfère nous faire passer en-dessous... dans les turbulences de basses couches...
Nous atterrissons après 3h de voyage à Bordeaux Saucats où nous attend Guillaume.
Là, nous arrivons in extremis à trouver un sympathique pilote qui nous emmène dans le village voisin acheter de quoi manger, puis nous pique-niquons sur la profondeur du Cessna.
Nous repartons ensuite tous les trois pour Toulouse.
Bon, Jan nous a dit « moi je vais derrière et vous vous débrouillez ». Donc on essaie de pas trop se perdre. Mais le contrôle de Toulouse veut nous faire faire des détours... ils nous font passer par le nord jusqu'à Montauban (ça fait une trotte quand même !) et comme on a pas prévu cela, on laisse la contrôleuse donner des caps (alors qu'on serait pas obligés de les suivre, nous sommes en espace aérien non contrôlé) et prenons 30 minutes soit 50% de temps de vol en plus...

Le client (important, il lit l'Express l'air patibulaire) et l'équipage... enfin bon les deux de devant !

Toulouse arrive enfin...

Jan content d'arriver qui nous sort un grand sourire...
Nous arrivons enfin à Toulouse Lasbordes où Christine vient nous chercher. S'en suit une soirée super sympa avec Guitare, bon dîner, rigolade et discussions.

Car en plus de piloter, on fournit l'animation musicale ! (pauvres clients...)

"T'as trop de place Guillaume, tu devrais prendre en plus les coussins de l'autre canapé, la housse de guitare..."
Mercredi matin, départ pour Sabonnères. Là nous attend le Bücker Jungmann F-AZPB de notre passager d'hier. A peine arrivés, nous repartons chercher de quoi manger (et oui) puis dressons la table sous les ailes de PB dans le hangar. Nous sortons ensuite l'avion, le préparons et chacun de nous a droit à une séance de virages à coordonner (satanée bille ! Veux-tu rester au centre ?) ce qui est fastidieux sur cet avion et compte tenu de nos maigres capacités... Puis nous avons droit à de la mania avancée (pour ma part un trèfle et un tonneau barriqué : un pur bonheur) et c'est le nettoyage et le couchage du Bücker.

Le déjeuner près du Bücker

Nous sortons "la Bête"

On installe "Le roux de secours" à l'avant...

Et c'est parti !

"Chacun mon tour" !!!

Elle est pas belle sa chemise ?

L'a pas l'air contrarié...
Nous rentrons à Toulouse, où nous jetons Guillaume à la gare et la journée se finit très agréablement.
Jeudi matin, je pars de Toulouse pour Montélimar. Ma navigation est simple : Gaillac, Mende (via Rodez) puis Montélimar. Je me pose vers 13h. Ma belle-soeur me rejoint et nous déjeunons au restaurant du terrain (bonne adresse, sympa et bon) avant d'aller chercher mes neveux et nièces à l'école.

Le centre ville de Rodez
Samedi, nous faisons un tour en avion avec mon neveu et son papa qui cherche de nouveaux chemins de randonnée pour aller se promener (il a trouvé 5 nouveaux parcours sympas). Puis je pars pour Aix les Milles retrouver d'autres amis. Le mistral me pousse et en trois quarts d'heures je suis en vue du terrain. J'attache bien l'avion car le vent forcit et nous rentrons à Marseille en voiture.

Peur de l'avion, mon neveu ? Certainement pas !

La provence sous mes ailes...

Le mont Ventoux
Le lendemain, dimanche, la météo ne me permet pas de rentrer sur Paris. Je propose donc à mes hôtes de faire un tour jusqu'à Gap en survolant les alpes. Il fait très beau et l'aller se passe merveilleusement bien. Après le déjeuner (je vous conseille la boulangerie du bourg de Tallard) nous repartons pour Aix. Les turbulences sont très violentes et mes passagers sont plutôt mal à l'aise. Nous décidons à l'arrivée d'aller au restaurant pour nous remettre de nos émotions...

Les Alpes et les (rares) premiers sommets enneigés.

Le lac de Serre-Ponçon
Lundi, départ impossible. 120 km/h de vent en provence, des cumulo-nimbus partout sur la France, sauf sur Marseille, que je visite.

Le port de Marseille vu du parvis de Notre Dame de la Garde
En arrivant sur la région parisienne, je trouve de la pluie et des visbilités de l'ordre de 3 ou 4 km... pas fameux. Mais je suis rentré à la maison. Ouf...

Le bal des Canadairs qui s'entrainent sans doute à l'amerrissage par fort vent...

Le bal des Canadairs qui s'entrainent sans doute à l'amerrissage par fort vent...
La mer démontée dans les calanques...
Mardi, même topo...
Mercredi, une fenêtre s'ouvre. Je donne rendez-vous à l'essencier sur le terrain en début d'après-midi. Je dois décoller à 14h30 pour être à St Cyr avant la nuit aéronautique, compte tenu des prévisions de vent. L'essencier arrive finalement à ... 16h ! et j'ai donc eu le temps de prévoir un arrêt à Cosne sur Loire chez une amie pour passer la nuit.
Je décolle à 16h15. Le vent, prévu de 20kt à mon altitude de croisière, est de 30 à 35 kt. Après un re-calcul des estimées, je comprends que je ne serai pas à Cosne sur Loire avant la nuit... Deux solutions : aller le plus loin possible avant de se poser ou se poser à Lyon. Les éléments météo penchent pour passer les monts du Lyonnais. Comme cela je me retrouve du « bon » côté de la perturbation. Il est prévu du beau temps sur Paris et la beauce le lendemain et de la neige à Lyon. L'élément financier est assez neutre : Hôtel dans les deux cas... Je choisis donc d'aller jusqu'à St Yan, au sud de Paray le Monial. Je m'y pose avant le coucher du soleil et la contrôleuse me dépose gentiment à un hôtel.

Au départ d'Aix les Milles, je survole le Lubéron.
Le lendemain, je retourne au terrain pour 8h. Il fait pas trop moche mais cela se dégrade. La météo indique qu'il fait très beau à partir de Nevers. Je décide de partir avec les pleins avant l'arrivée de la neige. Je décolle mais au bout de 10 minutes, près de la balise de Moulins, un mur de neige me barre la route. Je fais donc marche arrière et rentre à St Yan. J'y passe la journée sous les nuages bas et les averses de grésil en compagnie des Elèves Pilotes de Ligne de l'ENAC. Journée très agréable par le partage continu de bons moments.
Le lendemain matin, il fait assez beau pour partir et j'y vais. Je passe au-dessus de la couche au niveau 45 et trace ma route par Moulins, Nevers, Pithiviers et Rambouillet.

La balise VOR de Moulins

Au-dessus des nuages à Nevers
Tout cela pour arriver à Paris dans le mauvais temps...
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